Jules Émile
Elisée MACLET
1881/1962

MACLET
La rue Germain-Pillon
Huile sur toile 10F (55x46cm)
SOLD / VENDU

MACLET - Huile sur toile - Intérieur du Lapin Agile
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Maclet - Coin de pêche à Nemours - Huile sur toile
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Peintre.
Lihons-en-Santerre
(Picardie) 12 avril 1881 - Paris 23 août 1962.
Fils
dune blanchisseuse et dun jardinier bedeau sacristain, Maclet a
dix ans lorsquil devient enfant de chur, aide-jardinier.
Déjà
lenvie de dessiner le tenaille, à tel point que le curé
de Lihons, labbé Delval qui, à loccasion, aime bien
tenir le pinceau, lui offre sa première boîte de couleurs.
On
raconte que sur les bords de la Somme où il venait chercher linspiration
Maclet aurait rencontré Puvis de Chavannes, le maître aurait décelé
ses dons et encouragé lenfant à peindre.
En
1906, à 25 ans, sa mère vient de mourir, il quitte la maison paternelle
et arrive sur la Butte, la même année que Modigliani.
Comme
presque tous les peintres de lépoque sa vie est difficile, il accepte
tous les emplois qui se présentent, tout en peignant, à lhuile
et à laquarelle, les rues et les recoins de la Butte.
Il
habite lhôtel Fleuri, rue de Chartres, et dîne à la
gargote Beauvais toute proche.
Il
travaille au Moulin-Rouge avec les chérettes et devient jardinier
au Moulin de la Galette.
Maclet
entre ensuite comme plongeur, puis cuisinier aux wagons-restaurants grâce
à son payse Ballu. Tiret-Boignet, le copain dUtrillo, lemmène
au Lapin Agile, là Maclet vend ses uvres aux habitués, Dorgelès,
Mac Orlan, Auriol.
On
dit aussi que Degas lui aurait donné quelques conseils dans son atelier
du boulevard de Clichy.
Le
matois Maclet sy est entendu, le succès venu, pour peaufiner une
biographie qui, bien que pittoresque, aurait pu sembler terne à ses admirateurs.
Le
peintre commence à vendre aux marchands locaux, à Delon ancien
vendeur de tricots à langle de la rue Custine et de la rue Labat
et à Mme Adam, boulevard de Clichy ; celle-ci, disait-on, achetait plus
cher les cartons peints de Maclet que ceux dUtrillo.
Il
fréquente Max Jacob et va jusquà partager sa couche rue
Gabrielle lorsque le tout nouveau converti pratique la nuit ses dévotions.
Cest
lui qui écrivait Maclet est un artiste qui samuse à
se faire prendre pour un petit paysan du Nord.
Elisée sinstalle à lhôtel du Poirier, avec la jeune Georgina, qui le quittera au printemps.
Il
passe la guerre sans histoire, comme infirmier.
Francis
Carco récupère Maclet au Bouquet de Montmartre, restaurant
situé au coin des rues Joseph de Maistre et des Abbesses et lenvoie
dans une maison quil a loué à Dieppe ; nous sommes en 1918,
le peintre découvre et peint la mer et la Normandie, mais revient sur
la Butte en 1919, on commence à parler de lui.
Chez Mathot, en haut de la rue des Martyrs, Maclet rencontre Knudsen, un antiquaire de lavenue George V, qui le présente au baron von Frey ; celui-ci le charge de décorer sa maison de la villa Saïd, lui fait signer un contrat de cinq ans, et lenvoie dans le Midi ; en juillet 1926, Maclet arrive à Avignon, puis sur la Côte dAzur, enfin en Corse, de plus Knudsen se charge de sa promotion.
Le krach de 1929 brise le succès commercial de Maclet, son contrat nest pas renouvelé.
De nouveau, il connaît la misère et habite un petit atelier 3bis, rue des Beaux-Arts, au cinquième étage sans ascenseur bien sûr.
En 1945, la galerie Norvins 20 rue Norvins, présente ses uvres récentes.
Il sest remis à boire, subit une crise de delirium tremens, est interné ; à sa sortie, il reprend ses pinceaux, revient sur la Butte, son dernier logis une chambre sans fenêtre, rue Marcadet.
Il
meurt le 23 août 1962 dans une salle commune de lhôpital Lariboisière,
et est enterré dans sa terre natale, à Lihons.
Maclet sest marié à Paris (IIe) le 28 avril 1949 ; le mariage
est dissout le 31 janvier 1939, cet acte est enregistré à la Mairie
du XVIIIe le 24 juin de la même année. Second mariage à
Paris (X°), le 9 mai 1961. Procédure de divorce le 17 avril 1962,
mention en Mairie du XIe le 17 juillet 1962.
Il est intéressant de noter que ses biographes Jean Cottel et Marcel Guicheteau, qui ont aussi été ses thuriféraires, ne mentionnent jamais les relations de Maclet et de Lucien Génin.
Pourtant depuis leur installation à lhôtel du Poirier, vers 1920, jusquà ladresse commune 3bis, rue des Beaux-Arts, et au départ de Maclet en 1933, ils ne se quittent guère, et se rendent des services, notamment de la part de Maclet plus lancé que Génin.
En septembre 1982, Jean Cottel et Marcel Guicheteau rédigent un essai de catalogue raisonné, sous la direction de Jean Malgras dans la collection ABC, précédé dune préface de Me Blache, alors commissaire-priseur à Versailles.
Cest
le seul ouvrage relativement complet qui existe, les autres livres et catalogues
nayant pas prétendu à lexhaustivité.
Texte issu du Dictionnaire des Peintres à Montmartre (voir le descriptif: lien).
"La peinture est l'expression et c'est même le seul moyen d'avoir une personnalité" É. Maclet, Catalogue d'exposition galerie Roussard 1955